Réforme sur la formation des instructeurs ULM

En 2015, on dénombre tristement 55 morts en accident d’ULM dont 27 avec un instructeur à bord.

L’accidentologie de 2015 a été le déclencheur pour les responsables de la DGAC et du BEA pour entreprendre l’étude d’un texte refondant la formation des instructeurs ULM. Ce texte devrait voir le jour cette année.

Deux textes sont en discussion :

Le premier aborde les conditions de délivrance, de prorogation et de renouvellement de la qualification d’instructeur ULM ?
Le second porte plus spécifiquement sur le contenu réel de la formation et les différents agréments à obtenir pour les organismes de formation.
L’arrêté prévoit également (enfin !) l’exigence d’un minimum d’expérience avant de pouvoir débuter une formation d’instructeur. Il ne suffira plus d’avoir un brevet de base pour se lancer dans cette aventure…. Un minimum de 150 heures de vol sera exigé pour une classe 3, avec emport passager et l’aptitude à la radiotéléphonie.

Les 150 heures sont un minimum de minimum, mais ceci est mon avis personnel. Je n’accepterai pas un instructeur dans mon école avec aussi peu d’heures de vol, exception faite aux pilotes ayant déjà connu une carrière de pilote professionnel.
Un des points positifs de cette réforme est l’uniformisation de la formation.
Une évaluation est prévue avant la formation initiale instructeur. Cette évaluation porte la partie théorique du brevet ULM. Une partie pratique laissée à la discrétion de l’examinateur termine la phase de l’évaluation des capacités du candidat instructeur.

Le programme de la formation initiale a été défini :
80 heures de théorie et 30 heures de pratique dans un organisme agréé par les DSAC locales.
La formation est terminée par un test théorique et pratique.
Après cette étape, le candidat devient instructeur stagiaire et entre dans la phase de formation pédagogique durant laquelle il va instruire durant une période minimum de 20 heures, sous la supervision d’un responsable pédagogique, à de vrais élèves pilotes. La qualification d’instructeur est finalement obtenue après un examen pratique et théorique et après avoir amené un premier élève au brevet ULM.
Il serait judicieux de prévoir également une épreuve de maniabilité avant d’accepter un candidat à la formation d’instructeur. Un test des réactions aux pannes moteur, au décrochage est à mon sens indispensable. Quid des réalisations des PTU, des PTS, des glissades ?

simulateur-de-vol-decoupe

Simulateur de vol

Notre école dispose d’un simulateur de vol professionnel. Tous les élèves sont testés aux différents incidents avant l’obtention de leur brevet de base, ce y compris l’utilisation du parachute de secours. Notre école défend également l’idée de ne jamais être instructeur et examinateur pour la délivrance d’un brevet de base. Ceci partage les responsabilités et est une protection juridique supplémentaire. Le projet prévoit également l’introduction d’un livret de progression de formation pédagogique. Ceci est évidemment très important. Nous utilisons ce livret pour toutes les formations dispensées au sein de notre école. A fortiori au niveau instructeur, c’est une nécessité absolue et également une protection juridique supplémentaire.

Autres nouveautés :
Pour devenir formateur d’instructeurs, il faudra au minimum avoir effectué 100 heures de formation et présenté 10 élèves pilotes à l’examen. Pour devenir examinateur, 100 heures de formation d’instructeurs ULM et avoir présenté 10 candidats instructeurs à la qualification seront nécessaires.
Comment obtenir son renouvellement instructeur avec le nouvel arrêté ?
Le suivi d’un stage d’actualisation et d’un test en vol permettent aux instructeurs d’obtenir le renouvellement et donc la prolongation de leur qualification. Le test en vol permettra d’éliminer toute une série de personnes qui ne pratiquent plus réellement le vol en instruction. La qualification serait valable trois ans au lieu de deux actuellement.

Dans le nouvel arrêté, les centres de formation instructeurs seront également soumis à de nouvelles et intéressantes contraintes :
Ils doivent être établis sur un aérodrome ou une plate-forme ayant fait l’objet d’une autorisation au sens de l’arrêté de mars 1986.
Ils doivent disposer d’une flotte d’ULM équipés de double commande et moyens de communication.
Ils doivent disposer d’un responsable pédagogique (programme standardisé).
Ils devront disposer d’un agrément délivré par le Ministère chargé de l’Aviation Civile.
Ils devront former au minimum deux instructeurs par an pour conserver leur agrément.
Ils seront surveillés par des moyens d’audit (respect des spécifications techniques, pédagogiques, matérielles et administratives).

L’agrément sera délivré pour 36 mois éventuellement extensibles à 48 mois.
Ils devront rédiger un rapport d’activité qui montre le volume de formation du centre, le taux de réussite des formations et les actions prises pour améliorer la sécurité en général.
Tout ceci permettra de rencontrer plus de professionnalisme dans notre secteur, seuls les plus expérimentés et ceux qui auront le savoir-faire dans la formation seront reconnus. En espérant que toutes ces dispositions permettront d’améliorer les conditions d’apprentissage et diminuer l’accidentologie dans notre monde passionnant.

Rappel très important :
Même pour les pilotes avion et/ou hélicoptère chevronné, un certain nombre d’heures sont nécessaires à les adapter au pilotage des Ultra légers, et tout aussi important à leur inculquer la philosophie ULM. La conversion PPL/ULM n’est PAS une formalité mais une vraie qualification type.
Je reste quant à moi persuadé de la nécessité de soumettre tous les formateurs et instructeurs aux différents types d’incidents que les pilotes peuvent rencontrer en vol (panne moteur, givrage, dégradations météorologiques, avarie technique (ailes, ailerons, empennage,….), collision, crevaison d’un pneu, cockpit management, radio, utilisation du parachute de secours (qui a déjà fait cela ??), etc ….. .

L’utilisation du simulateur de vol dans un cadre professionnel est une plus-value non négligeable (à 50 euros de l’heure, cela peut sauver des vies !!!!).

Bons vols en toute sécurité à tous en cette nouvelle saison 2017.

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